Come fly with me
Une création de Anne CORNU, Eric LYONNET et Vincent ROUCHE
Avec le clown POLO alias Eric LYONNET
Mise en scène : Anne CORNU, Vincent ROUCHE
Lumières : Christophe SCHAEFFER
Muse du clown : Karen
- Une coproduction de la Compagnie Bécare, de la Compagnie du Moment et de La ville d’Issoire.
- Avec le soutien de la Drac Auvergne, du Conseil Général du Puy-de-dôme, du Conseil Régional d’Auvergne et de Ressort 43.
D’autres vidéos des spectacles de la compagnie du moment sur YouTube
Eric LYONNET, le site
Polo tient le globe et prend la pause
Polo, l’implacable, s’accroche aux cordons de son froc, tente de tenir la bête. Il se démène comme un beau diable pour contenir les bouffées… qui l’assaillent. Quelque chose dans l’œil clair nous laisse toujours augurer du pire. C’est un filou. Sa tendresse déborde. Il trépigne d’une impatience jamais assouvie, il a du nourrisson dans le jeu de jambes. Proche d’une colère, à ne pas trouver ses mots, il s’emmêle, s’empêtre, s’enivre dans son urgence à dire. La langue trébuche. Le corps trace des diagonales pour épuiser l’animal mais soudain un sourire illumine la face qu’il a ronde et généreuse et la phrase s’articule, toujours redoutable. Il a l’œil. Il a vu. Il l’a dit. Mais quand c’est dit l’agitation le rattrape, les mots l’ont précédé, sidéré, il s’écroule. Bras en croix, épuisé par un combat titanesque. Polo va toujours jusqu’au bout et au delà, se heurte à l’inconvenance, révèle des vérités qui ne se disent pas d’ordinaire, elles lui échappent. Il se laisse traverser. L’ivresse le guide mais il est musicien et le swing, ça le connaît. L’acteur tient ses baguettes en batteur virtuose et sa parole comme son geste sont souvent suspendus sur la crête du temps.
Le thème
Un clown venu du monde de la musique tente de conquérir le langage.
Le défi n’est pas simple.
C’est dans l’instant de la rencontre que la conscience naît et qu’il comprend ce qu’avec nous il est venu chercher… et il va nous l’offrir.
De quel clown s’agit-il ?
Ce clown est solitaire. En lui, l’Auguste et le clown blanc ne font plus qu’un.
Devenu serviteur de lui-même, il n’est plus soumis qu’à la seule tyrannie de ses désirs, de ses craintes, de ses élans, de ses empêchements.
De la sensation la plus subtile à l’émotion la plus violente, il nous offre sa transparence, nous donnant à voir et à entendre ce qui le fait vivre et le fait agir. Attentif au moindre signe qui affleure, il sait se laisser surprendre et guider par l’impulsion.
De l’esquisse du geste qui échappe, il s’empare et l’étire jusqu’au déploiement pour mieux nous le montrer. De la même manière, il peut partir d’un son ou d’une bribe de phrase et aller jusqu’à l’articulation d’une parole pour mieux nous faire entendre. C’est ainsi qu’il piège l’inconnu de lui-même, c’est ainsi qu’il constate l’abîme infranchissable entre ce qu’il est et ce qu’il voudrait être. Au cœur de la distorsion jaillit la parole, organique, elle passe par le corps entier.
En lui, qui ne peut vivre que dans l’instant, sans aucun recul sur ce qui lui arrive, on peut lire « à livre ouvert ». Il sait accueillir l’échec, la douleur, faire resurgir la joie. « L’accident », heureux ou malheureux, devient tremplin pour aller plus haut, plus loin.
La tête dans les airs, il se déplace dans le souffle du rire, de l’émotion, le public est son miroir. Ici pas de quatrième mur.
Parce que nous tentons d’allier dans la recherche, l’essence du clown à la singularité de la personne, en retour, il nous parle de nous.


